Quelques citations sur l'aventure :  XVIIe et XVIIIe siècles :

« Et lorsque nous lisons des aventures étranges dans un livre, ou que nous les voyons représenter sur un théâtre, cela excite quelquefois en nous la tristesse, quelquefois la joie, ou l'amour, ou la haine, et généralement toutes les passions, selon la diversité des objets qui s'offrent à notre imagination; mais avec cela nous avons du plaisir de les sentir exciter en nous, et ce plaisir est une joie intellectuelle qui peut aussi bien naître de la tristesse que de toutes les autres passions. » (René Descartes, Les Passions de l'âme (1649), § 147, Tel-Gallimard, 1988, p. 242.)

« Il a une présence d'esprit, et il sait tellement tourner à son avantage les occasions que la fortune lui offre qu'il semble qu'il les ait prévues et désirées. Il aime à raconter ; il veut éblouir indifféremment tous ceux qui l'écoutent par des aventures extraordinaires, et souvent son imagination lui fournit plus que sa mémoire. Il est faux dans la plupart de ses qualités, et ce qui a le plus contribué à sa réputation c'est de savoir donner un beau jour à ses défauts. » (La Rochefoucauld, Maximes et réflexions diverses, "Portrait du cardinal de Retz" (1675), GF-Flammarion, 1997, p. 148-149.)



Sujet de dissertation: 

« IL faut réinventer le risque et l'aventure contre la sécurité et le confort» (Alain Badiou, Éloge de l'amour, 2009) Vous expliciterez et illustrerez cette affirmation en vous appuyant sur les textes au programme.

Corrigé en 1 500 mots environ (type Centrale).

Introduction de la dissertation: 

La société moderne est attachée au « principe de précaution », il semble aujourd'hui essentiel de ne pas s'exposer au danger sans nécessité. Or, en 2009, Alain Badiou écrivit dans Éloge de l'amour, qu'« il faut réinventer le risque et l'aventure contre la sécurité et le confort ». Le philosophe prend le contre-pied des exigences contemporaines en cherchant à imposer l'aventure périlleuse comme modalité d'être au monde; « il faut» en effet, invite à considérer cette aspiration au risque comme indispensable, obligatoire. Il apparaît également que l'aventure doive être repensée, conçue de manière différente, moderne peut-être, puisqu'elle est à« réinventer». L'emploi de la préposition« contre», enfin, introduit une opposition nette, un désir de lutter, de refuser aisance et tranquillité. Comment peut-on ainsi concevoir différemment le risque et l'aventure ? Pourquoi faudrait-il se lancer dans cette entreprise ? En nous appuyant sur l'Odyssée d'Homère, sur la nouvelle de Conrad, Au coeur des ténèbres, et sur l'essai de jankélévitch, L'Aventure, l'ennui, le sérieux, nous nous demanderons s'il est fondamental de repenser l'aventure avant de nous interroger sur l'intérêt de déstabiliser nos vies et d'y introduire une part de danger puis de voir si cela doit se faire dans tous les domaines.



  • L'aventure, résumé de texte type centrale: André Malraux, extrait du Démon de l'absolu.

La  liberté  est  une  idée  complexe,  mais  un  sentiment clair parce  que son contraire ne l'est que trop; l'homme se sent libre dans la mesure où il s’accorde à l’action où il est engagé, prisonnier    dans  la  mesure où il y est contraint. La société moderne est libre dans celle où elle donne  force de foi à l'idée:  «Le sens de la vie est d’accomplir un travail où  l'on  a  choisi  de  s'engager,  afin  de devenir  (ou de demeurer)  riche et honoré. » Mais pour quiconque met en question la valeur de cette richesse et de cette considération, la bourgeoisie est aussi prisonnière de sa liberté que les ouvriers le sont des machines. L’accusation que porte l'aventurier contre elle est pareille à l'accusation religieuse : « Quoi, une vie humaine, une vie qui ne se reproduira jamais plus, n'est-ce que cela ?».



  • Texte complémentaire de l'étude du thème de l'aventure dans l'Odyssée

 

Enfin l’âme d’Ulysse, à qui le sort avait fixé le dernier rang, s’avança pour choisir ; dépouillée de son ambition par les fatigues passées, elle tourna longtemps à la recherche de la condition tranquille d’un homme privé ; avec peine elle en trouva une qui gisait dans un coin, dédaignée des autres ; et quand elle l'aperçut, elle dit qu’elle n'eût point agi autrement si le sort l’avait appelée la première, et, joyeuse, elle la choisit.

Platon, La République, X, 620b, trad. R. Baccou, GF-Flammarion.


Quelle vie voulons-nous vivre
 ? Jamais peut-être la question ne se présente aussi explicitement. Le choix légendaire d’Ulysse la met à nu, dans sa forme radicale. C’est bien une vie entière qu’il s’agit de choisir, et non tel moment particulier. Fiction saisissante, où se donne à voir la condition humaine, en deçà des versions et des figures qui la singularisent.



  • Texte à résumer N° 1 sur le thème de l’aventure (thème des classes préparatoires scientifiques)

          D'autres textes à résumer et des dissertations seront publiés sur Interlettre.   

Qu'est-ce que l’aventure ? Spontanément, une première expression me vient à l’esprit : l'impatience du lendemain. Je traîne cette vertu (ou ce défaut) depuis l'enfance. Mes journées commencent toujours par le bonheur particulier du petit matin. La page blanche, en somme, qu'il va falloir remplir ... Je n'aime rien tant que les commencements et les partances : article à écrire, manuscrit à corriger, livre à lire, du bois à fendre. Le pur plaisir de faire, en somme, suffit à (presque) tout. L'expression « aventure » prend d'abord une signification très simple et toute prosaïque : l'aventure, c'est en avant, en avant ... Quand j'étais reporter, je filais toujours vers Orly avec une gourmandise assez joyeuse et tout un sac de documentations à dévorer. Je me sentais une faim d’ogre. C'était pure impatience.

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