la femme est souvent victime de harcèlement dans le domaine professionnel et dans les lieux de travail

Définition du harcèlement

Le mot  harcèlement vient du verbe harceler qui signifie, selon Le Petit Robert, soumettre quelqu'un sans répit à de petites attaques réitérées, à de rapides assauts incessants. On dit par exemple harceler l'ennemi par d'incessantes escarmouches,  harceler un lièvre jusqu'à épuisement (le poursuivre). on dira aussi de quelqu'un que ses créanciers ne cessent de le harceler (presser, talonner), ou encore harceler quelqu'un de réclamations continuelles.
 
Le harcèlement est donc l'action de harceler ,en actes ou en paroles, dans le domaine de la guerre, de la chasse ou des relations humaines. Il peut donc être physique ou psychologique comme il peut être aussi sexuel de la part d'un supérieur hiérarchique par exemple. « La version moderne du droit de cuissage, que la loi reconnaît sous la rubrique “harcèlement sexuel,” est le délit le moins puni de France » (, ).
 
A partir de 1998, on parle de harcèlement moral pour désigner une conduite abusive (humiliations, menaces…) exercée de manière insidieuse et répétée par une personne sur une autre, pour la déstabiliser (au travail, dans un couple…).

Qu'est-ce que le harcèlement moral?

Les médecins du travail constatent une augmentation du nombre des cas de harcèlement moral, appelé aussi psychologique. C’est une violence qui se met en place le plus souvent de manière insidieuse, déstabilisant la victime qui peut se demander si elle n’est pas devenue folle.

Le propre du harcèlement moral au travail est sa répétition parfois quotidienne sur une durée de plusieurs semaines. Cela peut prendre la forme d’allusions tout à fait anodines et même humoristiques pour l’entourage du salarié alors qu’elles sont vexatoires et occasionnent des souffrances. Le salarié se sent humilié, il redoute les prochaines brimades, ne sait pas comment s’en sortir. Les conséquences sont les suivantes : somatisation, arrêts de travail coûteux pour la collectivité, perte de l’emploi pour finir.

Que faire face au harcèlement moral au travail?

D’après les syndicalistes et les psychologues, la meilleure façon de s’en sortir est de s’ouvrir au groupe, c’est-à-dire à ses collègues de travail. D’abord pour s’assurer de la réalité de cette persécution, pour écarter l’hypothèse de la reconstruction produite par un esprit facilement inquiet. Si le groupe confirme ce sentiment, il faut alors noter toutes les manifestations de ce harcèlement, même les plus détournées et demander le témoignage des collègues, ce qui peut poser des difficultés. Dans le même temps, il faut éviter de se trouver en position délicate sur le plan professionnel, autrement dit il faut être inattaquable.

L’étape suivante sera d’essayer d’avoir une explication directe avec le tourmenteur. Parfois cela permet de résoudre le problème, en tout cas cela lui donne un caractère officiel. L’inspection du travail peut ici jouer un rôle de conseil, mais sa simple consultation peut aussi arrêter le mécanisme.

La discussion avec un psychologue est également recommandée, cela permet de démonter les mécanismes qui ont mené à ce harcèlement et de donner à la victime les moyens de s'en sortir.

Le harcèlement est une maladie professionnelle

Malheureusement, l’ouverture vers le groupe, le médecin, l’inspecteur du Travail, se fait souvent trop tard. Le harcelé est alors en mauvaise condition psychologique.

La solution envisagée est la rupture avec la structure traumatisante, c’est-à-dire la mutation, pas toujours possible, ou le licenciement pour raisons médicales.

Les syndicats veulent obtenir la reconnaissance du harcèlement comme maladie professionnelle, car le coût en médicaments et en arrêts de travail est élevé et devrait être à la charge de l’entreprise ; mais le patronat refuse.

Le préjudice moral

Il ne reste plus aux syndicats qu’à défendre les droits du salarié : il doit éviter de démissionner, s’arranger pour que son départ soit un licenciement aux torts de l’employeur, ce qui lui permettra d’obtenir des dommages et intérêts aux prud’hommes.

La Cour de cassation, dans un arrêt du 3 juin 1998, a statué sur une rupture du contrat de travail dans des conditions vexatoires et portant atteinte à la dignité du salarié. Elle a estimé qu’il y avait un préjudice moral distinct de celui résultant du licenciement.


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